Sérigraphie ou DTG : quelle technique choisir pour vos textiles ?

Le choix entre la sérigraphie et le DTG (direct to garment, impression numérique directe sur textile) ne relève pas d’une hiérarchie de qualité mais d’une adéquation entre un visuel, un support et une quantité. En règle générale, le DTG convient aux petites séries, aux visuels détaillés ou photographiques et aux déclinaisons multiples, tandis que la sérigraphie reste la technique de référence pour les logos à aplats nets, les séries importantes et les réassorts à l’identique. Le présent article expose les critères qui permettent de trancher, les cas limites, la place du DTF, et les questions à poser à un imprimeur avant de valider un devis.
TL;DR
- DTG : encre projetée directement sur le vêtement, sans écran ni film. Adapté aux petites quantités, aux dégradés, aux photographies et aux visuels multicolores, de préférence sur coton.
- Sérigraphie : une encre déposée à travers un écran par couleur, avec un coût de préparation à amortir. Pertinente pour les logos peu colorés, les grandes séries et les réassorts réguliers.
- Le critère décisif est le couple quantité et nombre de couleurs : peu de pièces ou beaucoup de couleurs orientent vers le DTG, beaucoup de pièces avec peu de couleurs vers la sérigraphie.
- Le DTF constitue une troisième voie, utile sur les tissus ou les contours que ni l’une ni l’autre ne traitent aisément.
- Un devis comparant les deux techniques sur votre visuel réel reste la méthode la plus fiable.
Table des matières
- Principe de fonctionnement des deux techniques
- Comparaison point par point
- Critère n° 1 : la quantité commandée
- Critère n° 2 : le nombre de couleurs et la nature du visuel
- Critère n° 3 : le textile et l’usage
- Critère n° 4 : le budget, au-delà du prix unitaire
- Et le DTF ? Une troisième option à connaître
- Dimension environnementale : des conclusions à nuancer
- Notre point de vue chez 2M Numérique
- Faire réaliser son marquage textile par 2M Numérique
- Méthode de décision en cinq étapes
- Sources
Principe de fonctionnement des deux techniques
La sérigraphie : un écran par couleur
La sérigraphie consiste à faire passer de l’encre à travers un écran (une trame tendue sur un cadre) dont certaines zones ont été rendues imperméables. Chaque couleur du visuel exige son propre écran, donc sa propre préparation, son propre calage et son propre passage sur la pièce. Il en résulte un coût fixe de mise en production, relativement indépendant de la quantité imprimée, et un coût unitaire qui décroît nettement lorsque la série s’allonge.
Le guide de Mimaki sur l’impression de T-shirts souligne que la sérigraphie demande davantage de préparation que le DTG, ce qui explique sa vocation naturelle aux productions répétitives.
Le DTG : l’impression directe, sans écran
Le DTG fonctionne comme une imprimante à jet d’encre dédiée au vêtement : le textile, généralement prétraité, est positionné sur un plateau et le visuel est imprimé directement, en une seule passe de production, quel que soit le nombre de couleurs. Aucun écran n’est fabriqué, de sorte que le coût de préparation est très faible. Le même constructeur précise que cette méthode convient particulièrement aux visuels détaillés et en quadrichromie sur coton.
Cette absence d’outillage explique l’intérêt du DTG pour la pièce unique, la personnalisation nominative (prénoms, numéros) et les tests de collection.
Comparaison point par point
| Critère | Sérigraphie | DTG |
|---|---|---|
| Préparation | Un écran par couleur, calage nécessaire | Fichier numérique, prétraitement du textile |
| Quantité idéale | Séries moyennes à importantes | Pièce unique et petites séries |
| Nombre de couleurs | Économique avec peu de couleurs | Indifférent : dégradés et photographies possibles |
| Rendu | Aplats denses, couleurs franches, effet de matière | Finesse de détail, rendu intégré au tissu |
| Support privilégié | Large gamme de textiles | Coton ou mélanges riches en coton |
| Réassorts | Reproductibles à l’identique avec les écrans conservés | Reproductibles à partir du fichier |
| Personnalisation unitaire | Peu adaptée | Adaptée |
Critère n° 1 : la quantité commandée
La quantité constitue le premier arbitrage, car la sérigraphie impose un investissement initial que seule une série suffisante amortit. Le comparateur de Brodream présente le DTG comme offrant le meilleur rapport qualité/prix en dessous de 30 pièces et permettant la personnalisation unitaire. Ce seuil de 30 pièces doit être lu comme un ordre de grandeur propre à ce prestataire : le point d’équilibre réel dépend du nombre de couleurs, du format d’impression, du textile et de l’atelier.
Deux situations illustrent la logique :
- Une association commande 25 T-shirts pour un événement, avec un visuel en quatre couleurs : l’outillage de quatre écrans pèserait lourdement sur chaque pièce, le DTG est généralement plus cohérent.
- Une collectivité commande plusieurs centaines de polos avec un logo monochrome : l’écran unique est vite amorti, la sérigraphie devient logiquement la solution la plus économique.
Critère n° 2 : le nombre de couleurs et la nature du visuel
En sérigraphie, chaque couleur supplémentaire ajoute un écran, un passage et du temps de calage. Un logo en une ou deux teintes unies s’y prête donc parfaitement. À l’inverse, une photographie, un dégradé ou une illustration très détaillée devraient être simplifiés ou tramés pour être sérigraphiés, alors que le DTG les reproduit nativement.

L’atelier Falzon Apparel indique appliquer le DTG par défaut dès que le visuel dépasse quatre couleurs, et réserver la sérigraphie aux logos nets et aux réassorts en séries à couleurs limitées. Cette règle de pratique, propre à cet atelier, recoupe l’arbitrage décrit plus haut et fournit un repère opérationnel utile pour une première orientation.
Le cas des fonds foncés
Sur un textile sombre, le DTG nécessite l’impression préalable d’une sous-couche blanche pour que les couleurs conservent leur éclat, ce qui allonge le cycle et accroît la consommation d’encre. La sérigraphie, pour sa part, dépose naturellement une encre couvrante, mais cette couche blanche constitue alors un écran supplémentaire. Le coût relatif des deux techniques sur fonds foncés doit donc être demandé explicitement sur devis plutôt que supposé.
Critère n° 3 : le textile et l’usage
Le DTG donne ses meilleurs résultats sur le coton, car les encres à base d’eau se fixent aux fibres cellulosiques après prétraitement. Les tissus fortement synthétiques, les textiles techniques ou les surfaces très texturées peuvent justifier un autre procédé. La sérigraphie accepte une gamme de supports plus vaste, y compris des pièces difficiles à positionner sur un plateau d’imprimante.
L’usage détermine aussi la sollicitation du marquage :
- Vêtements de travail et tenues d’équipe, lavés fréquemment : on privilégiera un marquage robuste, d’où l’intérêt d’échanger avec l’imprimeur sur le textile et la méthode de fixation retenus.
- Merchandising, événementiel, cadeaux : le rendu graphique et la souplesse de quantité priment, ce qui avantage souvent le DTG.
- Tenues de club, de restaurant ou d’hôtel renouvelées chaque saison : la reproductibilité à l’identique d’une saison à l’autre favorise la sérigraphie, ou le DTG si le visuel est complexe.
Pour des informations comparables sur le flocage et la broderie, les articles de 2M Numérique Flocage, sérigraphie, broderie ou DTF et Flocage, sérigraphie ou DTF détaillent ces alternatives.
Critère n° 4 : le budget, au-delà du prix unitaire
Un devis ne se compare utilement qu’à périmètre identique. Pour une comparaison rigoureuse entre deux offres, il convient de vérifier :
- le nombre de couleurs et le nombre d’emplacements d’impression (poitrine, dos, manche) inclus ;
- la facturation éventuelle de frais de mise en route ou d’écrans, et leur réutilisation lors d’un réassort ;
- le prix du textile lui-même, qui pèse souvent autant que le marquage ;
- les délais de production et de livraison ;
- les frais de livraison et la gestion des retours.
Les frais accessoires sont une source fréquente d’écart entre prix annoncé et prix payé : l’article Les 6 coûts cachés de l’impression en ligne en dresse l’inventaire.
Et le DTF ? Une troisième option à connaître
Le DTF (direct to film) consiste à imprimer le visuel sur un film, puis à le transférer thermiquement sur le vêtement. Il est fréquemment cité aux côtés des deux autres techniques : la requête « DTF contre DTG » est d’ailleurs bien plus recherchée que la comparaison avec la sérigraphie. Le magazine EV Mag rappelle que sérigraphie, impression numérique et DTF couvrent la majorité des besoins mais ne sont pas interchangeables, chacun imposant ses contraintes.
En pratique, le DTF s’envisage lorsque le support n’est pas du coton, lorsque le visuel comporte des contours complexes ou lorsqu’une petite série multicolore doit être réalisée sur un textile peu compatible avec le DTG. Brodream signale par ailleurs que le DTG présente l’avantage d’un processus sans déchet de films plastiques, ce qui le distingue du DTF sur ce point précis.
Dimension environnementale : des conclusions à nuancer
Les comparaisons environnementales entre impression à l’écran et impression numérique reposent surtout sur des analyses de cycle de vie portant sur l’impression textile industrielle au rouleau, non sur le marquage de vêtements en atelier. Une étude comparant impression rotative et impression numérique par analyse de cycle de vie rappelle que l’impression à l’écran rotatif concerne 60 % des tissus imprimés dans le monde, ce qui explique l’intérêt porté à l’alternative numérique. Ces résultats ne se transposent pas mécaniquement à un lot de 50 T-shirts : la consommation d’eau, la gestion des restes d’encre, l’énergie et la provenance du textile varient selon l’atelier.
Pour un acheteur, les leviers les plus concrets sont les suivants :
- limiter les stocks invendus, ce qui est un argument en faveur du DTG à la demande ;
- choisir un textile de qualité, durable et si possible issu de filières certifiées ;
- privilégier un atelier proche, car le transport pèse dans le bilan global.
Sur ce dernier point, 2M Numérique revendique 94 % de fabrication sur place à Manciet et l’emploi de matières écoresponsables.
Notre point de vue chez 2M Numérique
Nous constatons que la question « sérigraphie ou DTG ? » est rarement posée dans le bon ordre. Le client part de la technique, alors qu’il convient de partir de trois données : le visuel, la quantité, l’usage du vêtement. Une fois ces éléments connus, la technique s’impose dans la majorité des cas, et le débat devient secondaire.

Notre atelier étant situé à Manciet, dans le Gers, avec une fabrication très majoritairement réalisée sur place, nous pouvons examiner le fichier, discuter du textile et ajuster le choix avant la production, au lieu de subir un résultat décevant. Nous déconseillons de choisir une technique pour un prix unitaire apparent : à périmètre équivalent, c’est le coût total, réassorts compris, qui doit guider la décision. Nous recommandons aussi d’indiquer dès la demande si le visuel sera réutilisé l’an prochain, car cette information modifie souvent la réponse.
Nos devis sont remis sous 72 heures, et notre studio graphique peut préparer ou simplifier un visuel lorsque le fichier d’origine ne se prête pas à la technique la plus économique.
— Mathieu
Faire réaliser son marquage textile par 2M Numérique
Pour les entreprises, associations et collectivités, 2M Numérique propose du textile personnalisé fabriqué localement, de la conception du visuel à la livraison en France et en Europe. Les tarifs du textile ne sont pas publiés : ils sont établis sur devis, selon la technique, la quantité et le support. Les structures situées à proximité peuvent consulter les pages dédiées de Manciet ou d’Auch, et l’ensemble de l’offre se trouve sur la page nos services. Un même prestataire peut également fournir imprimés et objets publicitaires, comme le détaille l’article Un seul prestataire pour imprimés, textile et goodies.
Méthode de décision en cinq étapes
- Qualifier le visuel : nombre de couleurs, présence de dégradés ou de photographies, finesse des détails.
- Fixer la quantité pour la première commande, puis la quantité annuelle probable, réassorts compris.
- Identifier le textile : composition (coton, mélange, synthétique), couleur du fond, usage et fréquence de lavage.
- Demander deux chiffrages sur le même périmètre, en précisant les emplacements et les éventuels frais d’écran.
- Valider un échantillon ou un bon à tirer lorsque la série est importante ou que les couleurs sont sensibles, notamment pour une charte graphique stricte.
La synthèse de Shopify sur le choix entre DTG et sérigraphie rappelle d’ailleurs que les deux techniques produisent des impressions de haute qualité aux couleurs vives, le meilleur choix dépendant du projet.
Sources
- Mimaki Europe : Impression T-shirt, méthodes et guide de production
- Brodream : Impression DTF et DTG, quelle différence ?
- Falzon Apparel : Impressions et broderies vêtement
- EV Mag : Impression textile personnalisée
- Étude AVESIS : impact environnemental de l’impression rotative et numérique
- Shopify France : Impression DTG ou sérigraphie
